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J'attache énormément d'importance et d'intérêt aux lacs d'altitude, car c'est l'occasion, pour le moucheur ainsi que pour toute sa famille, de profiter pleinement d'une nature riche et sauvage. Les sites, dont la physionomie est restée intacte grâce à une volonté de protectionnisme, tels qu'on peut les rencontrer dans le Massif de la Vanoise, permettent aux Petits comme aux Grands, d'assister en direct à un cours de sciences naturelles. Ici, la nature est immense et peut s'exprimer sans contraintes. La pêche à la mouche dans les lacs de haute montagne, dont l'accessibilité nécessite parfois quelques heures de marche, se révèle être un véritable sport qui, sans aucun doute, limite, sur ces plans d'eau, le nombre d'adeptes de la pêche.








Et, croyez moi, se retrouver sur des plans d'eau d'une superficie même modeste, durant toute la matinée, à trois ou quatre moucheurs au total, est tout de même extrêmement appréciable et confortable.



__________________Pêche à la mouche dans les Lacs d'altitude:

_______________________Truites de lacs à la mouche en Vanoise

Il est tôt. Le soleil de juillet se lève à peine. J'empoigne mon sac à dos, j'y accroche les cannes, je finis par lacer mes chaussures de marche qui s'affolent aussitôt et m'entraînent d'un pas rapide sur le sentier en direction des lacs. L'herbe de givre craquelle et les fleurs sont autant d'obstacles à éviter parmi la roche. Sous une atmosphère vaporeuse qui lentement s'estompe, les couleurs pastels et rosées du décor se révèlent progressivement à mes yeux.

J'y aperçois déjà une forte activité en surface mais, ce matin, j'ai décidé de pousser un peu plus loin et, d'ici trois quarts d'heure, j'aurai rejoint le Lac Blanc. Après avoir quitté, depuis maintenant un quart d'heure, le "Refuge du plan du lac", je débouche sur le lac naturel du Plan situé face au point culminant du Massif de la Vanoise, la Grande Casse. Les marmottons se réveillent et profitent des premiers rayons du soleil pour faire le plein d'énergie avant le rude hiver. Les cris d'alerte des parents qui m'ont repéré les feront vite regagner leur terrier.


J'entame la dernière montée avant de pouvoir embrasser le panorama sublime. Le Lac Blanc s'offre à moi, surplombé par le pic de la Dent Parrachée et, sur sa droite, par les glaciers de la Vanoise. Vu d'en haut, de nombreux gobages viennent perturber le miroir du lac et, ici ou là, des truites le transpercent en des sauts acrobatiques et remarquables. L'excitation me gagne et j'active alors ma descente pour me retrouver enfin aux abords du plan d'eau.

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L'activité nutritionnelle des salmonidés dans les lacs d'altitude devient importante dès lors que les glaces ont fondu et cela jusqu'aux premières neiges d'octobre. Durant cette période, toute la micro-faune aquatique revit et les truites profitent alors des six mois de douceur pour prendre un peu de poids et emmagasiner des calories. Elles termineront alors le cycle des saisons de l'année en adoptant un comportement léthargique hivernal. Tout en économisant leur énergie, elles regagnent l'obscurité des profondeurs pour quelques mois de survie extrême. Il n'est donc pas étonnant en été, le matin et en soirée, de rencontrer des poissons voraces et très sélectifs sur un type de nourriture abondante lors des chaudes journées, tel que de nombreux moucherons de couleur plutôt claire ou de petits sedges et buzzers montant en surface pour éclore. Mais ne nous attardons pas, il est temps de s'équiper. J'enfile mon wader qui me donnera davantage de liberté d'action
sur les pentes douces immergées qui encerclent le lac. J'équipe une canne de 9,5 pieds d'une soie WF 6 floating et d'un bas de ligne d'au moins 4 mètres, sachant que l'eau cristalline du plan d'eau permet une excellente perception visuelle au poisson, qui n'aura aucune difficulté à repérer tout élément étranger en suspension. Mais, maintenant, intéressons nous aux artificielles que nous allons utiliser.
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L'atmosphère s'est maintenant légèrement réchauffée et de nombreux chironomes s'activent en des vols aléatoires sur toute la superficie du lac. Le temps comme la surface du plan d'eau sont au calme et les truites naviguent à la recherche des spents de la nuit passée et des petits insectes qui effleurent le film de l'eau. Il est alors facile de repérer leurs gobages et, ainsi, anticiper rapidement leurs trajectoires en utilisant de faux lancers pour poser délicatement une artificielle de chironome un mètre en avant de l'une d'elles et attendre qu'elle la croise. Si elle ne la gobe pas tout de suite, il est préférable d'attendre un instant pour la voire parfois happer celle-ci délicatement. Un léger effet de dragage de la mouche sur quelques centimètres peut aussi provoquer une attaque brutale et instantanée du poisson. Après analyse, constatant sur
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plusieurs montées des poissons sans gobages des artificielles très sombres que je leur présentais au départ, j'ai opté par la suite pour des leurres de couleur beige ou gris clair, couleurs qui se sont finalement révélées concluantes. Cela m'a valu en début de matinée, la prise de belles farios bien vigoureuses.
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Maintenant, le soleil est bien haut. A ma montre il est neuf heures tapant. L'atmosphère des vallées s'est considérablement réchauffée provoquant des courants d'air ascendant qui engendrent de petites vaguelettes sur le lac. Si l'influence du vent est parfois un handicap pour le moucheur, surtout lorsqu'il l'attaque de face, en revanche, il est un atout précieux en ce qui concerne l'apport de nourriture qu'il concentre sur certaines zones du lac. Pour plus de commodité et de facilité, on s'efforce le plus souvent de se placer, de manière à avoir le dos au vent. Je préfère quant à moi l'attaquer de travers. Sachant qu'une fois ma soie posée suivant approximativement l'axe perpendiculaire au sens du vent, elle sera alors parallèle aux vaguelettes qui feront dériver l'artificielle en inscrivant un arc de cercle dont la pointe de ma canne en sera le centre. Cette méthode est particulièrement efficace, car à chaque poser, mon artificielle dérive lentement et naturellement sur dix, voir quinze mètres de distance pour finalement se retrouver proche de la rive. De plus, sous cet effet de léger courant de surface, la tension de la soie reste constante et cela permet, lorsque les gobages deviennent peu perceptibles, de déceler instantanément tout gobage lui engendrant une légère traction supplémentaire.
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Mais il serait dommage de sous-estimer les berges sous le vent car elles sont aussi l'origine d'une nourriture terrestre non négligeable telle que celle constituée par les fourmis ailées et les sauterelles grises et vertes qui, emportées par le vent, s'échouent sur l'eau. Il est donc judicieux d'avoir l'oeil attentif sur ces secteurs sous le vent qui, souvent, abritent des truites qui provoquent de gros remous lorsqu'elles happent leurs proies. Il est donc intéressant, en se déplaçant tous les quatre ou cinq mètres, de prospecter, par cette méthode, les rives suivant l’axe du vent. La dérive des insectes va nous inciter à prospecter en priorité les rives que j'appellerais, collectrices de nourriture. Ainsi, le ferrage est immédiat et il est même possible de ressentir la touche par le simple fait que la soie, immobilisée par l'index sur la poignée du fouet, semble vouloir brièvement s'échapper.
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En milieu de journée, lorsque le soleil est au zénith, pour tenter ces belles dames qui adoptent davantage une quête de nourriture au hasard, je vous conseillerais de prospecter plus en profondeur en utilisant un train de mouches comportant, en pointe, une nymphe lestée. J'adopte alors de longs lancers car les truites ont tendance à dédaigner les berges. Le poser de ma soie effectué suivi d'un temps d'attente permettant aux artificielles de descendre à une certaine profondeur, je ramène lentement ma soie qui, à la perception de la moindre tension de celle-ci, m'informe d'une touche. Quand aux ombles chevaliers, qui se tiennent volontiers au fond, l'utilisation d'une soie plongeante équipée de l'imitation d'un petit vairon vous permettra de tenter ces beaux poissons. Quatre-vingts plans d'eau, de la mare au lac, sont dénombrés dans le parc national de la Vanoise. Mais ils ne sont pas tous empoissonnés en salmonidés, d'une part, parce que l'alevinage par héliportage, seul moyen d'accès rapide, est très onéreux et que, d'autre part, l'effet d'une introduction de ces poissons étrangers au biotope des lacs naturel serait la cause de la disparition du triton alpestre, espèce unique, faisant partie des animaux menacés sur notre territoire. Toutefois, l'introduction des salmonidés dans les lacs de la périphérie du parc, dont la gestion
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me semble intéressante, fait la joie des moucheurs aimant se retrouver dans un cadre, on ne peut plus naturel. En effet, comparativement à certains réservoirs, ces lacs sont empoissonnés en truitelles de trois à six centimètres à la fin du printemps, ce qui permet d'obtenir, les années suivantes, des poissons de qualité. L'introduction de sujets de taille légale se fait généralement quinze jours avant la date d'ouverture, ce qui laisse à ces poissons un certain temps d'adaptation à une quête de nourriture naturelle figurant au biotope du plan d'eau. Enfin le moucheur, face à une population piscicole de toute taille, retrouve le sentiment de traquer des poissons sauvages. La pêche à la mouche dans les lacs d'altitude de la Vanoise offre des moments d'excitation exceptionnels et merveilleux et les poissons qu'on y mouche se méritent.
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En Haute Maurienne, vous avez également la possibilité de fouetter sur des lacs de barrage EDF à proximité du Parc National, situés dans un cadre magnifique. Leur approche possible en voiture amène cependant davantage de pêcheurs. Ces grands réservoirs permettent néanmoins de pratiquer la pêche à la mouche librement et sans se bousculer. Sur ces plans d'eau, les embouchures de ruisseaux sont à prospecter en priorité, d'une part, par ce que les pentes des rives y sont progressives et que, d'autre part, ces torrents d'alimentation (les déversoirs) sont la source de nourriture supplémentaire. On y aperçoit aussi une forte activité en surface, près des retenues d'eau, et les arc-en-ciel naviguent rapidement à la recherche de nourriture, tôt le matin et en soirée.
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Les lacs d’altitude en Haute Maurienne réservent de belle journées de pêche à la mouche.
Celui qui tient à renouer avec une nature sauvage, y trouvera aussi, s’il le désir, son compte de satisfaction.





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-Création textes et photos: Philippe MATHIEU, collaborateur au magazine Mouche Pratique. http://pechealamouche.free.fr
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